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Explorer la nature - 12 au 18 novembre

Entretien - Joshua Bonnetta

Entretien avec Joshua Bonnetta, cinéaste de The Two Sights, présenté dans la section Explorer la nature (12 au 18 novembre 2020)

Comment ce projet dans les Hébrides extérieures est-il né?

Le projet a commencé lors d’une résidence d’artiste sur l’île de North Uist, au Taigh Chearsabhagh Museum & Arts Centre/UistFILM, et j’y suis retourné régulièrement. Mon plan général était de faire un film sur l’environnement changeant des Hébrides, en travaillant la connexion entre l’histoire orale et l’écologie acoustique. À l’origine, le projet ne portait pas sur la « seconde vue » ou le « second son » : le sujet de la clairvoyance est devenu un chemin détourné par lequel explorer les différentes connexions entre lieu, mémoire et récit. D’un point de vue formel, j’avais envie d’adopter une forme de documentaire radio, un peu à la manière des documentaires radio de Glenn Gould, en créant des superpositions entre les sons d’ambiance et les dialogues, et en mettant ces deux éléments sur un pied d’égalité. Ce sont les deux grandes lignes directrices qui ont guidé mon travail au départ, puis le film a réellement pris forme sur le terrain et en postproduction.

Le son est un élément fondamental de vos œuvres cinématographiques. Est-ce que votre processus de création commence avec l’enregistrement des sons?

J’ai commencé par marcher et écouter, puis j’ai créé des cartes à partir de ces repérages qui m’ont permis de retourner aux endroits désignés pour installer des micros. Au bout de la deuxième ou de la troisième visite, je commençais à connaître les caractéristiques visuelles d’un endroit (par exemple, là où on voyait passer un bateau, ou là où on pouvait apercevoir un cerf), et je pouvais imaginer des scènes et leur donner forme avec des photos.
Le fait que je ne prenne pas le son et l’image en même temps vient de mon propre apprentissage du cinéma en double système analogue, où l’image et le son sont enregistrés séparément. Je pourrais le faire en même temps, mais avec l’expérience je me suis rendu compte qu’en son synchrone, je n’ai pas la marge de manœuvre pour enregistrer les sons qui m’intéressent.
J’ai fini par chercher les images qui vont avec les sons, et qui structurent la composition; les images servent de notation.

Qu’est-ce qui vous fascine dans la relation entre paysage et légendes?

Je m’intéresse à la manière dont les récits d’un lieu donné influencent notre perception de l’environnement, et notre relation à cet environnement. Pas d’un point de vue sociologique, mais plutôt poétique. Dans le contexte des Hébrides extérieures, les noms gaéliques de lieux et l’histoire orale contiennent énormément d’informations très précieuses sur l’environnement; beaucoup d’informations sont inscrites dans le paysage à travers la mémoire. Grâce à cela, la perception d’un lieu est teintée de respect, d’enchantement et de reconnaissance. Si ces informations se perdent, le rapport au territoire change. Une grande partie du film est consacrée à documenter le crépuscule de ce rapport au territoire, tout en créant un espace pour y réfléchir et se reconnecter.

Pouvez-vous parler de votre méthodologie pour recueillir cette histoire orale? Au moment où donnez forme au film, quelle approche privilégiez-vous pour préserver une partie de son mystère, notamment en termes de montage image et son?

Le musée et UistFilm ont beaucoup contribué à me mettre en contact avec des gens très sympathiques sur les îles, qui ont bien voulu me parler. Sur l’île de Lewis, mon amie Maggie (qui apparaît plusieurs fois dans le film) m’a aussi beaucoup aidé à rencontrer des personnes très accueillantes, et m’a aidé avec une bonne partie de la traduction du gaélique. Les choses se faisaient simplement, autour de conversations, et il n’y a pas vraiment eu de méthodologie plus poussée que de boire beaucoup de thé!
La manière dont j’ai construit le film crée parfois des connexions directes entre le récit et le son ou l’image, mais la plupart du temps ce lien direct n’existe pas. Il faut faire un exercice de rétrospection pour établir soi-même ces connexions : c’est une expérience de cinéma comme « seconde vue ». Ce que j’aime, c’est créer des espaces qui permettent aux spectateurs de se projeter dans le film à travers le son et l’image, donc il s’agissait de créer assez d’ouvertures pour que cela puisse se faire, mais sans faire complètement le travail à leur place.

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